Comment savoir si vous êtes recherché par INTERPOL

Pour savoir si vous êtes recherché par INTERPOL, vous pouvez rechercher votre nom parmi les notices rouges rendues publiques. Toutefois, l’absence de résultat ne confirme pas qu’INTERPOL ne détient aucune information vous concernant : la plupart des notices rouges ne sont pas publiques et les diffusions n’apparaissent généralement pas non plus sur le site. La voie officielle pour vérifier si INTERPOL traite des données à caractère personnel vous concernant consiste à adresser une demande d’accès à la Commission de contrôle des fichiers d’INTERPOL, appelée CCF.

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Liste des personnes recherchées par Interpol

Il n’existe pas de base de données publique unique permettant de vérifier l’ensemble des alertes policières internationales. La méthode appropriée dépend du type d’information que vous souhaitez obtenir.

Méthode de vérificationCe qu’elle peut révélerPrincipale limite
Recherche publique par nomNotices rouges publiées sur le site d’INTERPOLLa plupart des notices rouges ne sont pas publiques
Demande d’accès auprès de la CCFSi INTERPOL traite des données personnelles concernant le demandeurLa réponse est soumise aux règles d’INTERPOL et aux restrictions de divulgation
Demande auprès des autorités nationalesMandats, enquêtes ou mesures enregistrés dans un pays déterminéNe révèle pas nécessairement toutes les informations détenues par INTERPOL
Analyse juridique coordonnéeSituation auprès d’INTERPOL, des autorités nationales et éventuelles procédures d’extraditionChaque juridiction doit être analysée séparément

1. Rechercher les notices rouges publiques par nom

INTERPOL met à disposition un outil public permettant de rechercher les extraits de certaines notices rouges. La recherche peut notamment être effectuée selon :

  • le nom de famille ;
  • le prénom ;
  • la nationalité ;
  • le sexe ;
  • l’âge ;
  • le pays recherchant la personne ;
  • des mots-clés.

Une notice rouge est une demande adressée aux services chargés de l’application de la loi afin de localiser et d’arrêter provisoirement une personne dans l’attente d’une extradition, d’une remise ou d’une mesure juridique similaire. Il ne s’agit pas d’un mandat d’arrêt international. Chaque pays décide, conformément à son propre droit, des effets qu’il accorde à une notice rouge et de l’existence éventuelle d’une base légale pour agir contre la personne.

Afin de réduire le risque de manquer un résultat ou de confondre des personnes portant des noms similaires, il est conseillé d’essayer :

  • le nom complet ;
  • différentes orthographes ;
  • les anciens noms de famille ;
  • les noms translittérés depuis d’autres alphabets ;
  • le pays susceptible d’avoir engagé la procédure.

La seule correspondance d’un nom ne prouve pas qu’une notice rouge concerne une personne déterminée. La date de naissance, la nationalité, la photographie et les autres éléments d’identification disponibles doivent également être comparés.

2. Comprendre ce que signifie l’absence de votre nom sur la liste publique

Le fait de ne pas apparaître sur le site public d’INTERPOL ne signifie pas nécessairement qu’aucune donnée concernant une personne n’est enregistrée dans ses systèmes.

La plupart des notices rouges ne sont accessibles qu’aux autorités chargées de l’application de la loi. INTERPOL ne publie des extraits que dans certains cas, notamment lorsque le pays requérant estime que l’aide du public est nécessaire ou lorsqu’il existe un risque pour la sécurité publique.

Une personne peut également être concernée par :

  • une notice rouge non publique ;
  • une diffusion concernant une personne recherchée ;
  • une autre catégorie de notice INTERPOL ;
  • un mandat d’arrêt national ;
  • un mandat d’arrêt européen ;
  • une demande bilatérale de coopération policière ou judiciaire ;
  • une procédure d’extradition n’utilisant pas les canaux d’INTERPOL.

Une recherche publique par nom ne doit donc être considérée que comme une vérification initiale.

3. Soumettre une demande d’accès à la CCF

La Commission de contrôle des fichiers d’INTERPOL est un organe indépendant chargé de veiller à ce que le traitement des données à caractère personnel par l’intermédiaire d’INTERPOL respecte les règles de l’Organisation.

Toute personne peut demander l’accès aux données la concernant susceptibles d’être contenues dans le système d’information d’INTERPOL. La CCF examine également les demandes de rectification ou d’effacement de données.

Depuis le 26 mars 2026, les demandes doivent être soumises via le portail en ligne sécurisé de la CCF. Ce portail constitue le canal obligatoire de dépôt, sauf si la Commission autorise exceptionnellement une autre méthode. Il permet également aux demandeurs de suivre l’état de leur dossier, de transmettre des documents et d’accéder aux communications relatives à leur demande.

La demande d’accès est gratuite. Elle doit toutefois satisfaire aux conditions de recevabilité et comprendre les documents nécessaires pour identifier correctement le demandeur.

Peut-on effectuer une recherche INTERPOL avec un numéro d’identité ou de passeport ?

L’outil public de recherche des notices rouges ne permet pas d’effectuer directement une recherche à partir d’un numéro de carte nationale d’identité, de document d’identité ou de passeport. Les filtres publics reposent principalement sur le nom, la nationalité, l’âge, le sexe, le pays requérant et des mots-clés.

Les documents d’identité sont néanmoins importants lors du dépôt d’une demande d’accès auprès de la CCF, car ils permettent de vérifier l’identité du demandeur et de le distinguer d’autres personnes portant un nom similaire.

Une prétendue « recherche INTERPOL par numéro d’identité » proposée par une base privée ne doit pas être confondue avec une confirmation officielle. Un rapport commercial, une recherche sur Internet ou une vérification dans une base réputationnelle peut contenir des informations incomplètes, obsolètes ou provenant de sources autres qu’INTERPOL.

Quelles informations préparer avant de demander l’accès ?

Les documents précis requis dépendent des instructions du portail et des circonstances de l’affaire. Il est généralement conseillé de préparer :

  • une copie lisible d’un document d’identité ;
  • le nom complet et les anciens noms éventuels ;
  • la date et le lieu de naissance ;
  • les nationalités actuelles et antérieures ;
  • les différentes orthographes ou translittérations du nom ;
  • des coordonnées à jour ;
  • une description claire de la demande ;
  • des informations sur le pays requérant éventuel ;
  • les documents relatifs à des enquêtes, mandats ou procédures connus ;
  • une autorisation valable lorsqu’un représentant agit pour le compte du demandeur.

La CCF traite normalement les affaires sur la base de documents écrits et d’observations. Elle ne tient pas d’audiences orales, sauf circonstances exceptionnelles, et peut demander des informations supplémentaires après réception de la demande.

Le fait de qualifier certaines informations de confidentielles peut en limiter la communication aux autorités consultées, mais peut également réduire la capacité de la Commission à examiner pleinement l’affaire.

Différences entre une notice rouge, une diffusion et un mandat d’arrêt

Ces instruments ne doivent pas être considérés comme synonymes.

Notice rouge INTERPOL

Une notice rouge est une demande de coopération policière internationale. Elle peut être utilisée pour localiser et arrêter provisoirement une personne recherchée par un pays ou un tribunal international.

Elle n’est pas un mandat d’arrêt international et n’impose pas automatiquement à tous les pays d’arrêter la personne. Les autorités nationales doivent appliquer leur propre droit interne.

Diffusion INTERPOL

Une diffusion est une information envoyée directement par un pays membre à tous les pays ou à certains d’entre eux par l’intermédiaire des canaux d’INTERPOL.

Les diffusions concernant des personnes recherchées peuvent demander la localisation ou l’arrestation d’une personne. Contrairement aux notices rouges, elles peuvent initialement être transmises directement aux Bureaux centraux nationaux destinataires avant que le Secrétariat général ait achevé son contrôle juridique.

Les diffusions n’apparaissent normalement pas sur la liste publique des notices rouges. Une recherche publique ne donnant aucun résultat n’exclut donc pas l’existence d’une diffusion.

Mandat d’arrêt national

Un mandat d’arrêt national est délivré par un tribunal ou une autre autorité compétente conformément au droit d’un État.

Il peut exister même lorsqu’aucune notice rouge ni diffusion n’a été émise. De même, la suppression de données des systèmes d’INTERPOL n’annule pas automatiquement un mandat d’arrêt, une enquête ou une procédure pénale nationale.

Mandat d’arrêt européen

Le mandat d’arrêt européen est un instrument judiciaire utilisé entre les États membres de l’Union européenne. Il est distinct d’une notice rouge et est régi par le droit de l’Union européenne ainsi que par les législations nationales applicables.

Une personne peut faire l’objet d’un mandat d’arrêt européen même si elle n’apparaît pas sur le site public d’INTERPOL.

INTERPOL peut-il arrêter une personne ?

INTERPOL n’est pas une force de police supranationale et ne procède pas lui-même aux arrestations.

L’Organisation facilite l’échange d’informations entre ses pays membres. Lorsqu’une arrestation intervient, elle est effectuée par les autorités nationales conformément au droit du pays où se trouve la personne.

Les conséquences peuvent varier considérablement d’une juridiction à l’autre. Dans certains pays, une notice rouge peut être considérée comme suffisante pour engager une arrestation provisoire. Dans d’autres, les autorités peuvent exiger un mandat national, une demande formelle d’extradition ou une autre base juridique.

Il est donc incorrect d’affirmer que toute personne faisant l’objet d’une notice rouge sera automatiquement arrêtée lors du franchissement d’une frontière.

Signes pouvant justifier des vérifications supplémentaires

Aucune des circonstances suivantes ne prouve à elle seule l’existence d’une alerte INTERPOL, mais elles peuvent justifier une analyse plus approfondie :

  • connaissance d’une procédure pénale dans un autre pays ;
  • existence d’un mandat d’arrêt national ;
  • demande d’extradition ou demande d’arrestation provisoire ;
  • contact avec des autorités policières ou judiciaires ;
  • détention ou interrogatoire lors d’un contrôle frontalier ;
  • informations reçues d’un avocat ou de proches dans le pays requérant ;
  • références à une diffusion ou à une notice dans des documents judiciaires ;
  • problèmes récurrents liés à une enquête internationale.

Les refus de visa, fermetures de comptes ou résultats apparaissant dans des bases privées ne confirment pas nécessairement l’existence d’une notice INTERPOL. Ils peuvent découler de systèmes nationaux, de sanctions, de contrôles migratoires, de bases commerciales ou d’autres mécanismes d’évaluation des risques.

Que faire si vous soupçonnez l’existence d’une alerte INTERPOL ?

Ne pas se fier uniquement à une recherche sur Internet

L’absence de résultat public n’exclut pas l’existence d’informations policières non publiées. Il ne faut pas non plus se fier aux sites non officiels affirmant fournir un accès immédiat à l’ensemble des dossiers INTERPOL.

Identifier le pays requérant éventuel

Dans la mesure du possible, il convient de déterminer s’il existe :

  • une enquête pénale ;
  • une décision judiciaire ;
  • une condamnation pénale ;
  • une demande d’extradition ;
  • une procédure menée par défaut ;
  • une mesure nationale préventive ou provisoire.

La situation nationale est importante, car une demande adressée à la CCF ne remplace pas la défense juridique dans le pays où l’affaire a pris naissance.

Soumettre une demande d’accès correctement documentée

Une demande incomplète peut retarder la procédure ou être déclarée irrecevable. Les informations fournies doivent être exactes, cohérentes et accompagnées de documents lisibles.

La CCF rend généralement une décision concernant une demande d’accès dans un délai de quatre mois à compter de la date à laquelle celle-ci est déclarée recevable. Le délai court donc à compter de la recevabilité et pas nécessairement à partir de la date de dépôt du formulaire.

Évaluer séparément les risques nationaux

La CCF contrôle uniquement le traitement des données dans le système d’information d’INTERPOL. Elle ne décide pas de la légalité d’une extradition, n’annule pas les procédures nationales et ne peut garantir qu’une personne peut voyager sans risque d’arrestation.

Lorsqu’un risque spécifique existe, il peut être nécessaire de coordonner l’analyse avec des avocats dans le pays requérant ainsi que dans les pays où la personne réside ou envisage de se rendre.

Que faire s’il est confirmé qu’INTERPOL traite vos données ?

La stratégie dépendra du contenu des données, du pays qui les a fournies et des circonstances de la procédure pénale.

Les mesures possibles peuvent notamment consister à :

  1. vérifier si les informations sont exactes et à jour ;
  2. analyser leur conformité avec la Constitution d’INTERPOL et les Règles sur le traitement des données ;
  3. déterminer si un mandat d’arrêt national valable existe ;
  4. examiner si l’affaire présente un caractère politique, militaire, religieux ou racial ;
  5. évaluer le respect des droits de l’homme ;
  6. vérifier si les données sont nécessaires et proportionnées ;
  7. demander la rectification ou l’effacement des informations non conformes ;
  8. coordonner la défense contre une éventuelle arrestation ou extradition.

La CCF examine chaque demande individuellement. Les principes pertinents comprennent le respect des droits de l’homme, la neutralité d’INTERPOL, l’exactitude des données, la proportionnalité, la finalité du traitement et la non-discrimination.

Une demande d’effacement nécessite des arguments et des éléments de preuve différents de ceux nécessaires à une simple demande d’accès. La CCF statue généralement sur les demandes de rectification ou d’effacement dans un délai de neuf mois à compter de la date à laquelle elles sont déclarées recevables.

La suppression des données d’INTERPOL n’annule pas l’affaire nationale

Même si INTERPOL supprime une notice rouge ou une diffusion, le pays requérant peut maintenir :

  • un mandat d’arrêt national ;
  • une enquête pénale ;
  • une condamnation ;
  • des restrictions nationales ;
  • une demande d’extradition transmise par d’autres canaux.

INTERPOL indique expressément que le refus ou l’annulation d’une notice n’affecte pas nécessairement la validité des procédures pénales nationales et n’empêche pas un pays de continuer à utiliser des mécanismes de coopération extérieurs à INTERPOL.

L’examen d’une affaire INTERPOL et la défense dans le cadre d’une procédure nationale doivent donc être considérés comme des questions liées, mais juridiquement distinctes.

Assistance juridique pour vérifier les données INTERPOL

Les avocats expérimentés en matière d’INTERPOL peuvent notamment :

  • examiner les informations accessibles au public ;
  • identifier d’éventuelles notices, diffusions ou mandats nationaux ;
  • préparer une demande d’accès auprès de la CCF ;
  • vérifier que la demande satisfait aux conditions de recevabilité ;
  • analyser la réponse reçue ;
  • préparer une demande de rectification ou d’effacement ;
  • coordonner la stratégie avec les avocats des juridictions concernées ;
  • distinguer les procédures devant INTERPOL des éventuelles procédures d’extradition.

Aucun avocat ne peut garantir que la CCF confirmera l’existence de données, supprimera une notice ou rendra une décision déterminée. L’issue dépend des faits, des documents disponibles et des règles applicables à l’affaire.

Si vous avez des raisons précises de penser que vous pourriez faire l’objet d’une notice rouge, d’une diffusion ou d’un mandat international, vous pouvez demander une évaluation confidentielle des documents disponibles avant de déposer une demande auprès de la CCF.

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